J'étais pétrifiée. Posément, sans jamais me quitter des yeux, il se pencha vers moi. Puis, vif mais caressant, il appuya sa joue glacée contre la courbe de ma gorge. Pour le coup, j'en fus réduite à une immobilité totale. J'écoutais sa respiration mesurée, observant le soleil et le vent qui jouaient dans ses cheveux de cuivre, ce qu'il y avait de plus humain chez lui. Avec une lenteur délibérée, ses mains glissèrent le long de mon cou. Je frissonnais, l'entendis reprendre son souffle, mais il ne s'interrompit pas, et ses doigts légers descendirent sur mes épaules avant de s'arrêter...
Personne ne savait se figer comme lui. Fermant les yeux, il se pétrifia, sculpture offerte à ma curiosité. J'allais à sa découverte encore plus lentement qu'il ne l'avait fait avec moi, veillant à réfréner ma passion. Je caressai sa joue, effleurai ses paupières et les ombres violacées de ses cernes. Je suivis le tracé de son nez parfait puis, encore plus prudemment, de ses lèvres au dessin magnifique...
Il ouvrit les yeux, son regard était affamé ...


